Il y avait foule au stade dimanche. Face à face, 2 équipes qui sortaient d’un non match face à la même équipe de St Sulpice, 2 équipes en quête de points et de revanche, pour une affiche de gala avec Narbonne, un nom qui « claque » dans le monde du rugby. Autant d’ingrédients pour faire monter la pression chez les joueurs, et l’impatience dans le public. Est-ce l’alchimie particulière de ce match, et quelques effets méconnus de la magnifique tunique signé Soulages ?…. mais il n’aura fallu que quelques minutes pour voir que c’est le Rodez que l’on aime, guerrier, solidaire et entreprenant qui allait livrer combat.

Le fabuleux départ de Rodez…

Deux minutes, pas plus, c’est ce qu’il aura fallu attendre pour voir Rodez ouvrir le score, grâce à celui qui portait ce jour le maillot ruthénois pour la 100ème fois, Romain Bocus, enfant de la maison Sang et Or. A peine le temps de se réjouir de ces trois points, que sur un Turn Over en faveur des ruthénois sur leur 40m, le trio Alonso, Williams, Delouis plaçait une action fulgurante côté fermé qui se terminait derrière la ligne. Avec la transformation de Boscus, Rodez menait 10/0 en moins de 5 minutes !… Présents au combat, dominateur en conquête où ils ont chapardé plusieurs munitions aux narbonnais, solides en défense, les ruthénois étaient dans le match. 40 mn où ils vont imposer leur stratégie, leur tempo, leur belle belle agressivité, au point que lors de leurs rares incusrions dans le camp ruthénois, les narbonnais seront systématiquement refoulés, au point qu’ils n’arriveront pas à bonifier une longue période de supériorité numérique, où Rodez évolua même à 13 contre 15, montrant une solidarité et une force de caractère exemplaires. Rodez maîtrisait cette première mi-temps dans tous les secteurs de jeu, un premier acte qui après un échange de pénalités se conclura sur le score de 16/6.

. avant le réveil narbonnais

Bousculés face lors du premier acte, les narbonnais vont redresser la barre et montrer un autre visage. La conquête va s’équilibrer, et la possession sera plus souvent orange. Le rythme va quelque peu baissé côté ruthénois, mais la solidarité, l’état d’esprit étaient toujours là, la bravoure compensant la fatigue ; et si l’on a vu le rideau défensif plier parfois, jamais il n’a rompu. Le dernier quart d’heure en sera la parfaite illustration, de longues minutes où l’on va voir des narbonnais jeter toute leur énergie pour essayer au moins d’arracher le nul. Le match va ainsi basculer dans les arrêts de jeu avec des narbonnais pilonnant sans succès à quelques mètres de la ligne ruthénoise, mais se heurtant à un mur noir en ce dimanche particulier. Alors que le tableau d’affichage va se mettre à égrainer d’interminables minutes, les ruthénois vont faire face à ces assauts répétés… Viendra une longue série de mêlées toujours en faveur de Narbonne, des mêlées faites, refaites x fois. Inquiétant, car au fil du coaching et des blessures, Narbonne s’était refait la cerise dans ce secteur. On ne comptait plus les minutes, mais les secondes, un œil sur le terrain, l’autre sur le chrono du stade. Mais un coaching de dernière minute du banc ruthénois va se révéler décisif, et la mêlée de la 90eme minute (!) va être la dernière, avec le pack de Rodez qui va récupérer le ballon et Williams qui va envoyer le ballon hors du terrain pour le coup de sifflet final.

Au terme de cette semaine d’hommage au rugbyman ruthénois devenu artiste mondialement connu, Pierre Soulages aurait gôuté ce dénouement incertain, mais victorieux… Du noir maillot ruthénois porteur d’une de ses œuvres, avait jailli la lumière de la victoire.

A Rodez : Rodez – Narbonne 19/12 (mi-temps 16/6)

Rodez : 1 essai de Delouis (4eme), 1 transf. et 4 pénalités de Boscus (2eme, 11eme, 16eme et 60eme)

Narbonne : 4 pénalités de Griffoul

Rodez 15. Delouis, 14. Williams, 13. Alonso, 12. Bester, 11. Muzzupapa (Vabret 74eme), 10. Boscus (Baldy 61eme), 9. Ravanello (Vercruysse 50eme), 8. Wunibaka (Jarreau 70eme)), 7. Roca, 6 Jarreau (Lallour 61eme), 5. Fromenteze (Territaohiia (35eme), 4. Tiatia, 3. Aboitiz (Dahir 40eme), 2. André (Euphrasie 61eme, puis Aboitiz 67eme, 1. Pupier (Iosseliani 33eme)

Cartons jaunes : Tiatia (32eme), Jarreau (36eme), Iosseliani (69eme)

Ph.Bertolotti

Photo Daniel Cristol