Des ruthénois frustrés d’être passés si près de l’exploit, des Damiers fortement contrariés après avoir senti le vent de la (première) défaite : pas vraiment de grands sourires à la fin de la rencontre. Mais la différence, c’était la fierté, cette Immense fierté partagée entre les ruthénois et leur public, après ce qui a sans doutes été, et depuis très longtemps, une des plus grosses rencontres vues à Paul Lignon. En oubliant les classements et budgets respectifs, c’était plus le Choc des titans, que David contre Goliath. Autrement dit, Rodez a été plus qu’à la hauteur, Rodez n’a pas fait que s’arc-bouter et résister. Prêt stratégiquement et physiquement, Rodez a imposé un volume de jeu impressionnant, contrariant un jeu Damiers d’habitude si bien huilé. Clairement Valence-Romans a été pris physiquement et dans l’engagement comme le reconnaissait Authier le coach Drômois.

Rodez a réussi contre Valence-Romans ce qu’il a trop souvent du mal à faire contre les équipes prétendument plus faibles : imposer sa stratégie et mettre sa main sur le match, avec un engagement impressionnant de solidarité, de force, de rigueur… Le début de match et le premier acte va voir un chassé croisé où jamais Rodez ne donnera l’impression d’être inquiété, débordé… A la pénalité de Baldy, Romans répliquera bien par 2 pénalités, mais sur une récupération aux 30m de Romans après une énorme défense, c’est Rodez qui va repasser devant par Delouis en bout de ligne. Il faudra une phase un peu confuse au cente du terrain pour que Romans ne reprenne le score avant la pause avec un essai entre les poteaux.

Quel scénario pour le second acte ?… Côté drômois, Authier avait visiblement « ajusté » les choses. Mais Rodez n’a rien lâché, et n’a pas fait que de la résistance, toujours omniprésent dans l’engagement, l’envie de jouer, de faire reculer l’adversaire à chaque plaquage. Valence-Romans plantera 2 banderilles, dont une superbe après une longue série de temps de jeu et de renversement Mais ce ne sera qu’épisodique. Rodez saura chaque fois revenir chez les drômois, et revenir au score grâce à un nombre important de pénalités concédées par ces derniers, et qui en dit long sur la façon dont cette équipe a été perturbée. Rodez aura toujours eu les damiers dans le viseur, mais s’il y a eu un écart, samedi, c’est dans la gestion des temps forts, la maîtrise, le qualité de finition, ce qui dans le dernier quart d’heure n’a pas permis aux ruthénois de mieux concrétiser au score leur moments d’occupation près de la ligne drômoise.

Compétiteurs, les joueurs garderont sans doutes quelques regrets, d’autant que si la victoire avait été là, elle aurait été d’autant plus belle qu’elle aurait relevé d’une vraie logique sportive au vu du scénario, et en aucun cas du hold-up, loin s’en faut !… Authier était le premier à le reconnaître à l’issue du match. Mais le public et ces mêmes joueurs doivent retenir tout ce que cette rencontre porte d’espoirs et de promesses, pour les 5 matchs à disputer,et  pour la suite de la construction de ce groupe, si beau, si fort, si fier samedi soir.

A Rodez : Rodez 20 – Valence Romans 26 (mi-temps 11/13)

Rodez : 1 essai de Delouis (22eme), 4 pénalités de Baldy (5eme, 43eme, 64eme et 72eme), 1 pénalité de Boscus (40eme + 3)

Valence Romans : 3 essais de Javeaux 40eme + 2), Larrieu (48eme), Besson (59eme) , 1 transf. et 3 pénalités de Javeaux

Rodez : 15. Alonso, 14. Delouis, 13. Williams (Jarreau 40eme), 12. Mazet (Boscus 25eme), 11. Vabret, 10. Baldy Martin, 9. Ravanello (Vercruysse 79eme), 8. Wunibaka, 7. Roca, 6. Tachat (Barnerias 47eme), 5. Tonga (Fromenteze 59eme), 4. Tiatia, 3. Aboitiz (Dahir 37eme), 2. Théron (Euphrasie 79eme), 1. Iosseliani (Aboitiz 32eme, puis Pupier 79eme)

Cartons jaunes : Tonga (27eme), Iosseliani (32eme), Vabret (38eme)

Ph. Bertolotti